Ces facteurs qui influencent votre créativité (et qui ne sont pas ceux que vous croyez)

by Selma · 32 comments

Qui n’a pas déjà pensé qu’avec le temps, l’expérience grandissant, elle serait plus créative?

Et que l’idéal serait de se rendre chaque matin dans un espace/atelier réservé uniquement à la création?

Sans contraintes de manque de place + de temps + de matériel +{rajoutez ce qui vous manque habituellement} ?

Sauf que les études neuro-scientifiques sont formelles :

*** La créativité n’est pas bridée par ce que vous croyez! ***

Alors, par quoi notre créativité est-elle influencée?

Facteur 1 : les difficultés rencontrées

  • Chaque aventure créative commence par un problème, un sentiment de frustration. Mais ensuite, une fois qu’on a réussi, on a tendance à oublier les moments de découragement et ceux où on a eu envie d’abandonner! Résultat, nous oublions (ou nous ne voyons pas) que nous avons progressé grâce à des problèmes passés, et nous recommençons à maudire nos difficultés.
  • Mais la recherche est formelle : ces moments difficiles font partie intégrante du processus créatif : l’étude de l’hémisphère droit du cerveau par Mark Beeman dans les années 90 a même montré que ce sont les difficultés auxquelles nous sommes confrontées qui nous poussent à chercher un autre point de vue, à envisager un autre angle d’attaque.

Facteur 2: l’âge et l’expérience

  • L’âge et l’expérience brident notre créativité. Si! Adolphe Quetelet (mathématicien français du 19e) a réalisé des études statistiques sur l’écriture des pièces de théâtre, études poursuivies confirmées par des résultats récents : il est clairement apparu que non, la créativité n’augmente pas avec l’expérience, ni avec l’âge. Au contraire!
  • Nos pensées – cérébralement infinies – sont bridées par ce qui est familier. Au bout d’un moment, on se répète car le cerveau choisit l’efficacité au détriment de la créativité…

Facteur 3 : les conversations anodines

  • Jonah Lehrer a étudié les studios Pixar. L’échange d’idées y est volontairement rendu inévitable par la configuration des lieux : que ce soit les bureaux, les couloirs, les toilettes : tout le monde est obligé de se croiser, indépendamment du poste et des responsabilités de chacun!
  • Pixar considère en effet que c’est dans l’interaction que naît la créativité collective. On parle de tout et de rien en général, mais de temps en temps, ces conversations anodines débouchent sur une super idée.
  • Cette théorie est confirmée par les études de Tom Allen, prof au MIT, analysant les conversations au bureau : le nombre de collègues avec qui un employé est en contact contribue directement à sa performance, indépendamment du reste.
  • Nous avons donc plus d’idées, et des idées meilleures quand nous parlons à plus de personnes. Voilà une belle motivation pour ne pas rester isolée et pour surmonter sa timidité !

Ce que vous pouvez faire pour entretenir votre créativité…

…malgré le temps qui passe + l’expérience qui se développe

   1. Changez d’environnement

  • Les travaux de Dean Simonton, psychologue à l’UC-Davis, qui a passé des années à approfondir les travaux de Quetelet, ont prouvé que la créativité en elle-même ne s’éteint pas, mais que pour continuer à innover, il faut réussir à conserver un regard neuf, ce qui est bien sûr plus difficile avec l’expérience et l’âge. Car l’attrait de la facilité et de ce qu’on connaît déjà est extrêmement fort.
  • Le simple fait de changer d’environnement rend alors visibles des connexions, des idées que le cerveau supprimait dans l’endroit où vous passez le plus clair de votre temps. Vous arrivez à vous y concentrer, mais cet endroit familier inhibe en même temps votre imagination.
  • Moralité : ne sous-estimez donc pas l’importance de sortir de chez vous, de voyager, de tenter de nouvelles expériences, de prendre du recul par rapport à votre travail !

  2. Forcez-vous à ne pas maudire vos difficultés! Maintenant vous savez, c’est prouvé que :

  • Sans contrainte, on reste paralysée par les clichés et les conventions.
  • Nos difficultés sont en fait les moteurs de notre créativité. Elles nous obligent à réfléchir, à chercher des solutions, à ne pas nous endormir dans la facilité.

A ce propos : cliquez ici pour relire l’article, où il était question de la grande chorégraphe Twyla Tharp, expliquant justement comment la situation apparemment idéale a tourné en fiasco total, alors que son spectacle conçu au milieu des contraintes a été l’un des meilleurs de sa carrière. Les conditions idéales – et la chance – n’ont pas toujours le visage qu’on croit!

   3. Parlez!

  • Surmontez votre timidité, sortez de chez vous : plus vous fréquenterez de gens, plus vous parlerez, plus vous serez créative : c’est dans les interactions et les conversations anodines que naissent bon nombre de nouvelles idées!

Crédit photo : merci à Mitya Kuznetsov

Et vous? Vous aviez déjà remarqué que les difficultés stimulaient votre créativité? Que l’isolement la bride?

Avez-vous de la facilité à parler de votre entreprise créative ou vous évitez + devenez timide quand il faut le faire?

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Di-Day

Très intéressant ce post! :)
Hé oui, c’est bien vrai de se sentir enfermé dans sa créativité quand on reste enfermé chez soi!
J’adore parler avec du monde, voir de nouvelles choses qui m’inspirent, mais quand il s’agit de mon travail dont il faut parler, aïe, ça devient très difficile :)

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Apolline

Merci! Ta remarque aussi est très intéressante : parler de son travail est une vraie difficulté pour les âmes créatives, et nécessite un énorme travail de fond (que nous allons faire ensemble :-)

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melb

Rhoo encore un article plein de bon sens et de réalité, j’ai en effet fait l’expérience de parler d’un problème qui se posait à moi avec une copine de la toile et bing elle m’a donné de superbes idées et voilà la semaine prochaine je les met en application!! C’était pas trop la timidité qui m’empèchait d’avancer mais plutot la peur de mal faire ou de taper à coté, et Lauriane Zorro est arrivée et voilà le travail!! Merci Selma merci merci tu changes ma vie!!
Je te souhaite un super bon week end!!

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Maëliane

Lauriane Zorro?? Hihihi, tu viens de me faire mourir de rire! Je m’imagine bien avec une cape derrière mon ordi ou ma machine à coudre tiens! lol Noooon, mais en réalité, comme on le disait, ce qui te mettait des freins, c’est simpement le d’être impliquée dans ton pb.

Comme on l’a vu bien des fois dans les conseils de Selma, et encore aujourd’hui, on est beaucoup plus exigeant(e)s avec nos propres créas, nos propres pb à cause de nos freins, nos peurs etc… Les idées que je t’ai donné me sont venues rapidement parce que je n’étais pas directement impliquée dans la décision finale et donc l’esprit plus libre… ;)

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Apolline

C’est toi qui viens de me faire mourir de rire en t’imaginant avec une cape derrière ta machine à coudre!!! A ha ha!!! La couturière masquée!!! En tout cas, tu as de supers idées, et moi j’ai au moins un ou 2 mails de retard dans les réponses que je veux t’envoyer :-) Merci pour ton témoignage, et à très bientôt pour la suite!

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Apolline

Aaaa merci Mélanie! Vous faites la paire Lauriane et toi, hi hi. Je suis ravie ravie que vos échanges vous permettent d’avancer, c’est formidable. Bon WE à toi aussi, et puis j’espère que vous viendrez danser à Paris dans les mois à venir (ou prendre un café si on est trop fatiguées par nos vies de Supers Mamans :-))

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adeline(lilaxel)

Encore un article plein de vérité(s), merci Selma!
Pour ma part, j’avais déjà constaté que les difficultés stimulaient ma créativité : le challenge est plus grand, je trouve ça finalement + motivant ;-)
Cet article permet de voir le bon côté des choses, si on se retrouve face à des difficultés : par exemple, cette semaine, j’ai eu du mal à avancer comme je le souhaitais parce que mes enfants n’ont pas dormi autant que d’habitude -> PROBLEME…
Pendant que j’étais en train de bercer ma fille, les idées de nouveaux doudous ont fusé dans ma tête : et bien voilà, j’ai profité de cette difficulté pour dessiner mes prochains doudous, ce que je n’aurai sûrement pas pris le temps de faire si mes loustiks avaient dormi ;-)

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Apolline

Tu sais, c’est vraiment magnifique ce que tu écris. Parce que le temps est une des (sinon LA) plus grosses difficultés auxquelles nous sommes toutes confrontées quand on veut entreprendre et s’occuper de ses enfants. Et le temps passe tellement vite qu’on croit qu’on n’a pas le droit à la pause, pas le droit à l’erreur, pas le droit à l’imprévu. Et pourtant, on n’avance pas plus vite quand on ne prend le temps de rien faire d’autre que de travailler. C’est le reste qui nous inspire, qui nous ressource, et il faut réussir à laisser de la place pour tout ça : à pas de fourmi, on avance toujours plus que pas du tout! merci Adeline, d’avoir partagé ton expérience <3

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Aimji

Complètement d’accord avec toi,

J’avais mon idée de base et c’est dans l’échange que j’ai biffurqué vers ddes couleurs plus douces, par exemple…

à suivre car j’ai trop peu d’ échanges !

bonne journée et bon WE

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Apolline

J’attends la suite alors, continue à aller vers l’échange et vers les autres, tu tiens le bon bout! Bon WE!

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groult

Bonjour,
Je viens de lire l’article et là ….. ouaaaaaaahhhhh mais le temps que tu dois mettre a chercher les infos… d’ou viennent ttes ses idées pour nous aider…. et tant d’autres questions

En tout cas merci

Jbulle

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virginie

vraiment interessant, et tu touche pile le point de verité à chaque fois! pour moi, pas facile de parler de son travail creatif, d autant que cela revient à s exposer!!

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Apolline

Et oui! On a autant peur de l’échec que de la lumière…merci pour tes mots!

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Julia- Les Juliettes

Bonjour Selma !
J’avoue attendre avec impatience tes articles du vendredi, ils me refilent la pêche et l’envie d’avancer !
Tu vises juste à chaque fois, moi qui croyait avoir un problème, je me rend compte qu’on est toutes faite pareille ! des créatives, avec plus ou moins de timidité, de peurs….
Pas simple tout ça, mais continue ….l’article de la semaine dernière sur comment se faire connaître m’a énormément plu, j’attend la suite avec impatience ! Bon week end à toutes- Julia

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Apolline

Merci Julia! C’est super pour moi de lire ça, voilà comme tu dis qui me refile la pêche! A bientôt!

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Thé*

Chacun de vos articles me permet de faire le point sur mon travail et la manière de l’appréhender. Vos exemples concrets se rapprochent souvent de mon vécu, du coup je relativise en me disant que cela arrive à d’autres, ouf! je suis donc dans « la norme » avec toutes mes galères!!! Merci et à bientôt
Thé*

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Apolline

Merci pour ton témoignage!

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Cécile Bonnet, star de son business (mais pas tous les jours)

Merci pour ce très bon article riche en références intéressantes !
Je suis moi-même convaincue d’une chose : c’est de nos difficultés que naissent nos réussites. D’ailleurs, mon business est né d’un problème ! Je dis souvent que j’ai commencé par échouer c’est ce qui m’a permis de réussir.
Comme tu l’indiques, c’est en se confrontant à une difficulté qu’on se remet en question, qu’on cherche des solutions, qu’on trouve des idées, qu’on s’améliore et qu’on innove !
La réussite est une succession d’échecs : dommage qu’on soit dans une société qui ne reconnait pas la valeur des échecs.
Quant aux « conversations anodines », ton exemple est très intéressant et Pixar a tout compris (mais là encore il ne s’agit pas de français :-().
Si être créatif c’est être inspiré, il faut cultiver notre inspiration en ouvrant nos yeux, nos oreilles, et tous nos sens, bref nos radars. Pas besoin d’un environnement « inspirant » ou « créatif », tout est là à notre portée pourvu qu’on y prête attention.
J’ai beaucoup aimé le commentaire de Maëlane : c’est très juste de dire que bien souvent on bloque parce qu’on a le nez sur sa situation. La prise de recul et une autre vision ouvre les horizons.
Alors respirons de l’air frais pour être inspirée et créative, sur ton blog par exemple, à bientôt !

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Apolline

Bienvenue Cécile! J’aime beaucoup ce que tu écris et suis ravie de te retrouver ici :-) C’est vrai que notre société ne met pas l’accent sur les « échecs réussis » (pour citer Annie de « Ma petite entreprise en mieux » :-) A nous maintenant, de ne pas nous laisser entraîner par des modèles qui ne nous conviennent pas ;-) A nous de chercher comment rebondir sur nos échecs et faire de nos difficultés des tremplins plutôt que des obstacles…pas facile, mais à terme plus épanouissant! a bientôt!

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leparadisdematange

merci pour ce billet ;)
moi aussi j’ai pu m’apercevoir que lorsque je rencontrais une difficulté souvent au passage de l’idée à la confection, ça m’orientait souvent sur quelque chose de complètement nouveau. idem quand je me pose avec mes enfants temps qui leur est entièrement dévolu!!! c’est là que j’ai une énorme quantité idée et de modifications qui arrive. quand on joue je prends mon carnet-crayons et gribouille rapidement l’idée ms quand on est au lit c’est plus compliqué et souvent quand je me lève je les ai « oublié ». comme un temps de péremption, c’est étrange .

mais j’avoue que ce n’est pas les idées qui me manquent mais plus savoir laquelle favoriser avec le temps dont je dispose.

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Apolline

ouh que de choses intéressantes dans ces quelques lignes! ça renvoie tout à fait à ce que nous avons vu dans les derniers articles : la relaxation, la détente et le sommeil agissent directement sur la créativité grâce à leurs effets sur le cerveau! (as-tu lu l’article sur le cortex pré-frontal?) Et puis le problème des idées qui foisonnent et du temps restreint…ah la la, tout un programme : on reviendra dessus!

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Flo

Totalement concernée par ton article, une fois de plus ! Récemment j’ai opté pour un atelier collectif, ce qui m’a clairement reboostée question créativité. Les échanges, créatifs ou non, font un bien fou, ouvrent l’esprit et redonnent confiance lorsqu’on est en proie au doute (ce qui arrive hyper fréquemment quand on est isolée dans un atelier en solo). Question timidité, j’y travaille chaque jour ! Le fait d’être dans l’échange oblige aussi à parler de son travail avec de plus en plus d’assurance et de positivité. Petit à petit…
Bon week-end à toutes !

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Apolline

Merci Flo pour ton témoignage! Oui, l’échange a aussi ceci de positif qu’il nous oblige à sortir notre travail de notre tête, et pour peu qu’on s’entoure bien, nos projets nous semblent déjà plus réalisables, la confiance en soi est requinquée!

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IMBERT Isoline

Merci pour ces informations scientifiques très intéressantes.

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anna

Comme toujours tes articles me reboustent ainsi que tous ces commentaires si riches…que c’est bon de se sentir moins seule…
et oui ici aussi c’est souvent au detour d’un moment anodin, d’une conversations etc que me viennent les idées…

B

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anna

oups parti sans que j’ai terminé.

donc je disais que bon vivement le retour des enfants a l’école quand même parceque la même ce com j’ai du mal a aller au bout;-)

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Lucie L

Eh oui, j’avais déjà remarqué!
Ce qui est plutôt pas mal finalement… Ca permet de ne pas trop culpabiliser quand on prend une pause voyage ou même juste café, alors qu’on « devrait » bosser sur nos projets créatifs!

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Véronique/Magic-Jewels

J’adore vos articles parce qu’ils me permettent de me recentrer sur ce qui est important. On est parfois tellement « usé » par le quoditien et tout ce que l’on doit faire, qu’on a du mal à prendre du recul.

Là, je me dis que je vais changer mes meubles de place histoire de me donner un peu d’air « frais » !

Merci !

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sylvie

Encore un article qui va nous être bien utile. Faire une pause, ou s’ouvrir à d’autres horizons, cela permet d’engranger pleins d’idées.

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Valérie Richard

Bonjour !
Je reviens de 3 jours en Alsace où j’ai travaillé en atelier avec 6 des salariés du superbe Parc de Wesserling. Avec la responsable des jardins, nous avions 1 mois pour travailler sur le thème, la conception et la réalisation de 15 épouvantails hors normes, en plus de récolter des articles de récupération du fait du budget limité. Nous avions toutes les deux une belle pression et avons fait le choix du ‘no stress ». Et nous avons fait naître un magnifique projet ! Nos épouvantails sont super chouettes et nous avons passé des moments d’échanges extra.
Isolée à la maison du fait de la lenteur de la mise en place de mon atelier, je suis arrivée là-bas un peu déprimée sans le savoir. J’en suis revenue épanouie et avec la confirmation qu’un atelier sera une des clés de ma réussite professionnelle.
Alors bon courage à toutes et je vous souhaite de connaître le bonheur de travailler en extérieur et au contacte des autres :)

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Apolline

merci pour ce témoignage qui sent bon le plein air! ça donne envie d’aller travailler dehors et de rencontrer d’autres personnes, merci pour ton passage ici!

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jolie margot

Lors de mon bilan de fin d’année 2012, j’ai réfléchi aux changements que je voulais mettre en place pour cette année, et donc, j’ai changer mon atelier /bureau de pièce et on a créé un open-space dans le salon, je travaille dans la même pièce que mon conjoint et on alterne les moments hyper concentrés où l’on ne se parle pas et travaille chacun de notre côté avec des moments d’échanges, de vidéo débiles sur internet, etc…et ça fait du bien. Et aussi je m’oblige à faire une heure de ballade par jour pour m’aérer et regarder le monde.
Et je fais régulièrement des déjeuner-réseau, plus une fois par mois un mamcafé.
Je suis moins stressée, je partage mes difficultés et mes succès et je bouillonne à nouveau d’idées.

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